#MoiAussi : Une vague de dénonciations déferle sur le Québec

Comme vous le savez assurément, une puissante vague de dénonciations d’abus, de violences sexuelles, de harcèlement et de violence conjugale déferle sur le Québec depuis le début de la semaine. J’ai tenté d’écrire cette publication trois fois déjà, mais les mots m’échappent. Disons que, it hits close to home.

Avant toute chose, je tiens à dire à chaque survivant.e que je vous entends, que je vous vois et surtout, que je vous crois. À celleux qui ont choisi de dénoncer, je salue profondément votre courage. À tous.tes celleux qui choisissent plutôt de de ne pas révéler leur histoire, sachez que vous êtes vu.es et valides.

En ce qui concerne les dénonciations, j’ai lu et entendu plusieurs personnes dans mon entourage – tant virtuel qu’immédiat – remettre en cause la véracité des témoignages, invalider les victimes et s’inquiéter pour la réputation des agresseurs. Ce scepticisme envers les victimes est profondément dommageable. Je souhaite donc présenter ici quelques statistiques pertinentes afin de déconstruire certains mythes. Parmi les agressions sexuelles dénoncées, moins de 5% constituent de fausses allégations (Cotton, 2018). En d’autres termes, en croyant systématiquement les témoignages des victimes, vous avez 95% de chances de prendre la défense d’une personne qui dit la vérité. En choisissant plutôt d’être sceptique et de remettre en cause le témoignage d’une victime, vous avez 95% de chances de protéger un réel agresseur. À la lumière de ces statistiques, le choix me semble assez évident : CROYEZ les victimes; stand by them.

Je souhaite également aborder plus spécifiquement la dénonciation de Safia Nolin à l’endroit de Mariepier Morin afin de rappeler l’importance de l’intersectionnalité de la lutte contre la culture du viol. Dans les derniers jours, j’ai lu et entendu des commentaires complètement révoltants de personnes profondément ignorantes qui ont l’audace d’invalider le témoignage de Safia Nolin et de défendre Mariepier Morin. Pire encore, plusieurs de ces personnes suggèrent qu’il est impossible que Safia Nolin soit la victime et MPM l’agresseur parce que Safia Nolin est supposément « trop laide » ou « trop grosse » pour se faire harceler ou agresser par quelqu’un comme Mariepier Morin (une femme blanche, puissante, qui correspond aux standards de beauté). Ces arguments témoignent d’une société profondément raciste, grossophobe et homophobe. Les luttes féministes contre la culture du viol, comme toutes les luttes de justice sociale, doivent être intersectionnelles (c’est-à-dire qu’elles doivent reconnaître la façon dont divers systèmes d’oppression façonnent la vie des personnes dont l’identité se situe au carrefour de plusieurs dynamiques discriminatoires). À titre d’exemple, au Canada, les femmes autochtones sont trois fois plus à risque que les femmes non autochtones d’être victimes de violences sexuelles (ESG, 2014). Les personnes homosexuelles et trans sont victimisées à des taux quatre fois plus élevés que les personnes hétérosexuelles (Statistique Canada, 2018). Ainsi, le fait de croire les survivant.es ne s’applique pas seulement aux victimes blanches, hétérosexuelles, cisgenres et dont l’apparence correspond aux standards de beauté. Croire les victimes nécessite de prendre en compte ses propres privilèges, de reconnaître que les individus marginalisés font face à des taux de victimisation considérablement plus élevés, de s’engager à croire TOUTES les victimes et à prendre part à la lutte intersectionnelle contre la culture du viol.

Un autre thème qui revient constamment dans les discussions au sujet des dénonciations actuelles concerne la façon dont les survivant.es choisissent de partager leurs témoignages, soit via les réseaux sociaux. Plus précisément, j’ai entendu de nombreuses personnes affirmer que les victimes devraient plutôt recourir au système de justice traditionnel. En fait, moins de 5% des crimes sexuels sont rapportés à la police. Cette statistique n’est pas surprenante, considérant que le système d’(in)justice canadien est profondément brisé. Non seulement il n’est pas en mesure d’accompagner adéquatement les victimes, mais il est également inefficace pour les agresseurs (je n’aborderai pas ce sujet dans cette publication, mais j’ai publié plusieurs textes en lien avec les problématiques liées à l’incarcération et à l’impact sur les personnes criminalisées). Je vais donc aborder spécifiquement en quoi le système est défavorable aux victimes.

Lorsqu’une personne dénonce une expérience de victimisation, iel est propulsé.e de manière brusque dans le système d’(in)justice pénale et vit souvent un phénomène appelé la « victimisation secondaire ». Déjà affecté.es par ce qu’ielles vivent, il arrive souvent que les victimes ressentent de la frustration et de l’inquiétude face à un système d’(in)justice qui leur paraît complexe et insensible et qui, par le fait même, alourdit souvent le fardeau des victimes au lieu de l’alléger. Les victimes ont traditionnellement été ignoré.es et oppressé.es à l’intérieur du système de justice traditionnel. Le système de droit criminel canadien est un système de Common Law, c’est-à-dire qu’il est issu du droit anglais. Dans un tel système, la commission d’une infraction est réputée être un crime contre la Reine et non directement contre la victime, donc le procès se déroule strictement entre l’accusé.e et l’État. Par le fait même, la victime se voit limitée à un simple rôle de témoin privilégié. Cette dernière ne constitue pas une partie du procès et le procureur n’est pas l’avocat de la victime, donc elle ne bénéficie pas de la présence d’un avocat pour défendre ses intérêts. En fait, étant donné son statut de témoin, la victime détient plus d’obligations que de droits durant les procédures judiciaires.

En 2015, la Charte canadienne des droits des victimes a été sanctionnée au Canada afin de garantir quatre droits statutaires pour les victimes : 1) le droit à l’information, 2) le droit à la protection, 3) le droit de participation, ainsi que 4) le droit au dédommagement. Bien qu’en principe ces droits constituent une avancée pour les victimes, la façon dont ceux-ci sont réellement appliqués dans le système d’(in)justice est complètement artificielle – voire insultante. Je m’explique. Pour bénéficier de leur droit à l’information, les victimes doivent remplir de longs formulaires qui donnent accès presque à la même information que n’importe quel membre du public pourrait recevoir en remplissant la même demande – ce n’est donc pas un droit réservé spécifiquement aux victimes. En ce qui concerne le droit à la protection, la Charte ne donne aucune indication quant à la façon d’appliquer ce droit particulièrement évasif, donc il est presque impossible de savoir s’il est réellement respecté. Le droit à la participation, quant à lui, permet aux victimes de présenter une « déclaration de la victime » durant les procédures judiciaires. Ce document doit être rédigé sur un formulaire standard de déclaration de la victime qui est utilisé dans toutes les provinces et dont la forme est préétablie, empêchant donc la victime d’organiser la déclaration comme iel le souhaite. La lecture de la déclaration en salle d’audience est loin de constituer un véritable droit de parole. La victime est seulement autorisée à lire la déclaration et il est strictement interdit d’ajouter ou de modifier celle-ci, ni de déroger de la forme prescrite par la province. Enfin, concernant le droit au dédommagement, la Charte permet aux victimes d’entamer ielles-mêmes une procédure civile contre l’agresseur en cas de défaut de paiement d’une ordonnance de dédommagement, afin de récupérer une partie des pertes économiques reliées à la victimisation. Cependant, le renforcement de ce droit renferme de nombreux désagréments. D’abord, le fait que les victimes soient contraintes d’entamer les procédures par ielles-mêmes implique leur engagement dans un second processus judiciaire exténuant et plusieurs personnes préfèrent donc abandonner la cause (Waller, 2011). Dans le cadre d’une telle poursuite civile, les victimes sont contraintes de recueillir les preuves, de comprendre et d’être proactives dans les procédures, ainsi que de prendre le risque de débourser d’importantes sommes d’argent.

Non seulement les droits des victimes sont particulièrement limitants et limités, mais la place accordée aux victimes dans les procédures judiciaires est elle-aussi très restreinte. Dès la plainte initiale, la victime doit collaborer avec les policier.es pour accumuler les éléments de preuve afin que le DPCP puisse déterminer si la preuve est suffisante pour une poursuite judiciaire. À cet effet, je tiens à souligner que seulement trois plaintes pour agression sexuelle sur 1000 se soldent par une condamnation (CALACS, 2014). Ensuite, durant la comparution, la victime ne détient aucun droit spécifique – iel peut y assister tout simplement parce que les audiences sont publiques et donc accessibles à n’importe quel.le citoyen.ne. Par la suite, c’est au moment de l’enquête préliminaire que des témoins peuvent être assignés par chacune des parties et que les victimes revêtent le statut de témoin privilégié, les astreignant donc à témoigner en cour (Rossi, 2013). À l’étape du procès, la victime, toujours considérée comme un simple témoin, est forcée de passer l’interrogatoire et le contre-interrogatoire visant à remettre sa crédibilité en cause. Les témoins sont obligés de se conformer à l’assignation à témoigner; en cas de refus, un mandat d’arrestation peut être émis contre elleux (Rossi, 2013). Finalement, c’est au moment du prononcé de la peine que la déclaration de la victime est déposée. Selon la Charte canadienne des droits des victimes (2015), la déclaration de la victime doit être prise en compte par le tribunal au moment du prononcé de la sanction. Cependant, il demeure laborieux de prouver la prise en compte de la déclaration puisque le juge détient un pouvoir discrétionnaire lui permettant de décider de l’importance qu’il accorde aux informations recueillies dans la déclaration de la victime.

À la lumière de ce qui précède, il me semble évident que le processus judiciaire constitue une seconde expérience de victimisation qui alourdit le traumatisme des victimes. Ne bénéficier d’aucun droit, être considéré.e comme un témoin et détenir plusieurs obligations durant les procédures judiciaires, devoir confronter l’agresseur et ses proches, être contre-interrogé.e et voir son témoignage remis en question par des avocat.es, devoir participer à toutes les étapes d’un processus judiciaire qui peut durer plusieurs années, pour que finalement une condamnation soit prononcée seulement trois fois sur mille… tout d’un coup l’idée de dénoncer sur les réseaux sociaux semble être une alternative moins décourageante, non? Bref, plutôt que de juger le choix des survivant.es qui prennent la parole publiquement dans la dernière semaine, questionnez-vous plutôt sur les raisons qui poussent tant de personnes à éviter le système d’(in)justice à tout prix. (Hint, hint : le système de droit criminel a été créé PAR des hommes blancs, POUR les hommes blancs… pas très winner pour les victimes qui sont majoritairement des femmes et des personnes aux diverses identités de genre).

D’ailleurs, je tiens à mentionner qu’au-delà des failles du système judiciaire, plusieurs autres raisons poussent les victimes à ne pas dénoncer leur agresseur. D’abord, 60% des victimes d’agression sexuelle reçues dans les centres d’aide rapportent qu’elles n’ont pas été crues lors de leur premier dévoilement. Un tel scepticisme accroît les risques de stress post-traumatique, de dépression majeure, de tentative de suicide et d’abus de substances (Cotton, 2018). En outre, presque que 90% des victimes connaissent leur agresseur et dans la majorité des cas, les infractions sexuelles sont commises dans une résidence privée (Sécurité publique, 2013). Certaines victimes préfèrent donc ne pas dénoncer parce qu’iels dépendent financièrement de l’agresseur (surtout qu’il s’agit très souvent d’un conjoint ou ex-conjoint), qu’iels tentent de protéger leurs enfants, qu’iels ont peur des représailles de la part de l’agresseur ou de ses proches, etc. La honte, la culpabilité et les peurs associées à la violence sexuelle peuvent maintenir les victimes dans le silence pendant très longtemps. Dans plus de 30% des cas, les victimes ne réalisent pas qu’elles ont été violées et minimisent donc les faits. Finalement, la réaction du public à l’endroit de celleux qui choisissent de dénoncer ne donne vraiment pas envie de dénoncer à son tour. Le victim blaming, le scepticisme, les insultes et les attaques contre la victime sont profondément troublantes.

Dans les paragraphes ci-dessus, j’ai mis en évidence plusieurs problématiques en lien avec la culture du viol, les réactions aux dénonciations et les procédures judiciaires. Je souhaite donc terminer en présentant de potentielles solutions. D’abord, un accent particulier devrait être mis sur la PRÉVENTION de la violence sexuelle. En effet, les facteurs de risque et les causes profondes de ce type de violence sont documentés et connus. La première cause fait l’objet d’un consensus au sein de la communauté scientifique : les normes sociales et culturelles. Parmi les autres facteurs de risque, on compte les expériences négatives vécues durant l’enfance, la consommation de drogues et d’alcool et les barrières systémiques qui rendent certaines personnes plus vulnérables, comme la pauvreté ou l’exclusion sociale. La littérature scientifique au sujet de la prévention de la violence sexuelle est sans équivoque quant aux solutions possibles :

• Modifier les attitudes et les normes sociales négatives envers les femmes, les filles et les personnes aux diverses identités de genre, et redéfinir la masculinité. Ceci peut être fait en mettant en place des programmes éducatifs dans les écoles qui enseignent le consentement, les relations saines, la culture du viol, les systèmes d’oppression, la masculinité toxique et qui aident les jeunes à identifier des situations de violence potentielle afin d’intervenir en tant que témoin (ex : Green Dot, Fourth R, Safe Dates, SASA!).
• Prévenir l’exposition à la violence durant l’enfance à l’aide de programmes qui soutiennent les parents en difficulté (ex : Nurse-Family Partnership). Ces programmes réduisent le risque de violence lorsque l’enfant devient adulte.
• Mettre l’accent sur l’empowerment des femmes

Les recherches scientifiques en prévention de la violence démontrent que la mise en œuvre de ces mesures permettrait de réduire de 50% la violence sexuelle et de genre. Nous devons donc exiger de notre gouvernement qu’il priorise la prévention plutôt que la réaction afin d’épargner les potentielles victimes. Changer les normes sociales discriminatoires et la misogynie qui alimentent les violences sexuelles, ça passe par l’éducation des hommes. S’attaquer aux causes profondes de la violence, ça passe par des investissements sérieux dans les secteurs de l’éducation, des services aux familles, du logement, de la santé mentale et de l’emploi. Des investissements soutenus devraient également être dirigés vers les organismes qui viennent en aide aux victimes d’actes criminels.

Pour ce qui est des agressions sexuelles qui sont commises malgré les efforts de prévention, des mesures de justice alternatives existent. À titre d’exemple, la justice réparatrice (JR) est une approche de justice axée sur la réparation des torts causés par le crime en tenant l’agresseur responsable de ses actes, en donnant aux parties directement touchées par un crime – victime(s), agresseur et collectivité – l’occasion de déterminer leurs besoins respectifs à la suite d’un crime. Dans un processus de JR, contrairement au processus judiciaire traditionnel, la victime joue un rôle prépondérant et proactif. Les survivant.es peuvent s’exprimer et déterminer leurs besoins. La justice réparatrice favorise une participation fructueuse et la responsabilisation et fournit une occasion pour la guérison, la réparation et la réinsertion sociale. Les recherches démontrent que les taux de satisfaction des victimes sont plus élevés chez les personnes qui entament un processus de JR. Les études suggèrent que la participation des victimes à une justice réparatrice peut être bénéfique pour leur bien-être psychologique, en réduisant les symptômes de trouble de stress post-traumatique et de stress (Gustafson, 2005; Wager, 2013; Koss, 2014). Finalement, des réformes au sein du système d’(in)justice pourraient être mises en place de façon à respecter les droits et la dignité des victimes, notamment en s’inspirant de modèles internationaux comme celui-ci de la Cour pénale internationale, où la victime est considérée comme un parti à part entière.

En terminant, je vous encourage toutes et tous à vous éduquer sur les violences sexuelles et genrées, sur la culture du viol et sur les oppressions systémiques. Je vous encourage à faire une introspection quant à votre perception des victimes et des dénonciations actuelles. Impliquez-vous dans la lutte contre la violence. Ne restez pas silencieux.ses. Il est impératif de déconstruire les normes sociales et les structures oppressives qui sous-tendent le passage à l’acte. Finalement, j’aimerais dire ceci : si tu défends Maripier ou n’importe quel autre abuseur, si tu dis que « les victimes auraient juste dû aller à la police » ou « qu’elles exagèrent », ou si tu fais des blagues au sujet des dénonciations ou des violences sexuelles, tu peux simplement me supprimer de tes amies. Je ne tolèrerai pas/plus de personnes qui encouragent la culture du viol dans mon entourage, ni virtuellement ni dans ma vraie vie. À tou.tes les autres, LET’S UNITE AND FIGHT BACK ❤️.

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“Le Canada, c’est un mythe”: 153 ans de violence coloniale et de racisme systémique

Aujourd’hui, c’est la « fête du Canada ». Partout au pays, des célébrations entourant le 153e anniversaire de la Confédération canadienne sont organisées. Mais qu’est-ce que l’on fête exactement?

En fait, cette année marque les 153 années s’étant écoulées depuis que la Constitution est entrée en vigueur en 1867, unifiant les colonies britanniques du Canada-Uni, du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse pour former un dominion. En d’autres mots, on fête 153 ans de colonisation. La « fête du Canada » souligne par le fait même la naissance du colonialisme et du génocide physique et culturel des personnes autochtones sur l’Île de la Tortue. En effet, les célébrations du 1er juillet ne tiennent pas compte du fait que les Premières Nations et les Inuits habitent ces terres depuis beaucoup plus que 153 ans. D’ailleurs, des traités avaient été signés pour assurer le partage de ces terres entre les Autochtones et les colons européens, mais ces traités n’ont pas été respectés et les colons ont volé les terres traditionnelles non cédées que l’on célèbre aujourd’hui.

Autrement dit, la « fête du Canada » considère uniquement l’histoire des Canadien.es de descendance européenne, en fermant les yeux sur un sombre passé – et un lourd présent – constitués de violence étatique et de pensionnats autochtones dont les traumatismes sont encore bien présents aujourd’hui et en oubliant que les peuples autochtones habitaient ces terres longtemps avant la colonisation. Encore à ce jour, les personnes autochtones sont profilées, kidnappées, victimisées, incarcérées et tuées à des taux disproportionnés au Canada. La Gendarmerie royale du Canada, créée par John A. Macdonald pour réprimer la résistance autochtone, continue de servir d’outil colonial pour prolonger l’agenda raciste du gouvernement canadien. Les efforts de « réconciliation » sont dérisoires. Les Autochtones sont déplacés de force de leurs territoires traditionnels pour que des pétrolières puissent faire du profit. Dans les deux derniers mois, six personnes autochtones ont été assassinées par la police au Canada. Il faut que ça cesse.

Aujourd’hui, je vous invite donc à remettre en question vos célébrations du 1er juillet et à vous informer sur l’histoire du Canada et les actions posées par son gouvernement colonial et raciste. À mes ami.es blanc.hes, rappelons-nous que nous habitons sur des terres volées et que nous bénéficions du système oppressif de suprématie blanche qui sous-tend ce pays. Il est impossible de célébrer la « fête du Canada » tant que des efforts concrets ne seront pas mis en place pour reconnaître et rectifier le génocide, les traumatismes et le déplacement forcé vécus par les personnes autochtones. À toutes les personnes qui ont le privilège d’utiliser leur ignorance pour justifier leurs célébrations, posez-vous des questions. Il est de notre devoir de s’opposer aux injustices et à la violence coloniale qui existent depuis la confédération et de lutter pour les droits et l’équité des communautés autochtones et racisées.

 

La culture des diètes est raciste : L’intersection entre ethnie, classe sociale et taille corporelle

Article rédigé par notre collaboratrice Alexandra Dubuc, Dt.P, M.Sc.

Au cours des dernières semaines, le racisme systémique et les oppressions vécues par les personnes racisées ont dominé l’actualité partout dans le monde. Malgré qu’une attention particulière soit accordée à ces phénomènes en raison des événements récents il importe de rappeler que le racisme sous-tend nos structures et nos normes sociales depuis plusieurs siècles. En tant que diététiste-nutritionniste, je tenais à me prononcer sur les racines racistes de la culture des diètes et de la grossophobie.

Entre les années 1850 et 1900, l’industrialisation a mené à l’urbanisation, c’est-à-dire que plusieurs personnes ont migré vers les villes pour occuper des emplois émergents dans les usines et les bureaux. Parmi les millions de personnes qui tentaient de faire leur place sur le marché du travail, on comptait une large population immigrante. L’industrialisation a également mené à une augmentation de la production de nourriture, rendant donc celle-ci plus facilement accessible pour un plus grand nombre de personnes. Malgré que ce progrès puisse sembler positif, il a suscité une importante vague d’anxiété chez les Américain.e.s vis-à-vis de ces changements considérables, particulièrement en ce qui a trait à l’arrivée d’un grand nombre d’immigrant.e.s.

Les individus blancs appartenant à la classe moyenne émergente à l’époque étaient constamment à la recherche de nouvelles façons de renforcer et maintenir une position de domination par rapport à ces nouveaux immigrant.e.s et, par le fait même, la taille corporelle est devenue un point de comparaison décisif. Plus précisément, la classe moyenne, dans le but d’apaiser son anxiété, a introduit l’idée de la minceur en tant que symbole de statut social.

Au 19e siècle, de nouvelles théories en lien avec l’ethnie et l’évolution ont fait leur apparition, catégorisant les individus en fonction d’une hiérarchie raciale selon laquelle certains groupes seraient plus « civilisés » et « évolués » que d’autres. Les scientifiques responsables d’effectuer cette catégorisation étaient – sans surprise – des hommes blancs d’origine européenne (incluant Charles Darwin, le naturaliste derrière la théorie de l’évolution). Devinez quel groupe a été placé dans le haut de cette hiérarchie raciale? Les hommes blancs.

Malgré que la théorie de l’évolution ait joué un rôle important dans l’explication de la présence des humains sur la planète, elle a également été utilisée de façon profondément raciste pour justifier l’incessante domination des hommes anglo-européens par rapport aux autres cultures et aux autres genres. En d’autres termes, la théorie de l’évolution est devenue une façon « scientifique » de maintenir le statu quo. Les femmes blanches nord-européennes occupaient une position inférieure aux hommes dans l’échelle évolutionnaire, suivies des Sud-Européens (encore une fois, les hommes situés en haut des femmes). Ensuite, les personnes racisées provenant de pays considérés « semi-civilisés » ou « barbares » apparaissaient à l’avant-dernière position, devant les Africain.e.s et les personnes autochtones, qui étaient, quant à elles, étiqueté.e.s comme étant des « sauvages ».

Les scientifiques du 19e siècle, lors du développement de leur médiocre théorie évolutionnaire, ont documenté les traits physiques et les normes culturelles propres à diverses sociétés. Ils ont décidé qu’être gros constituait un indicateur de « sauvagerie » parce qu’ils l’ont observé plus fréquemment chez les personnes racisées. À l’inverse, la minceur apparaissait supposément plus souvent chez les personnes blanches (particulièrement les hommes). Plus précisément, les fondateurs de la théorie de l’évolution ont popularisé l’idée que la grosseur corporelle était directement liée au fait d’être noir. Au 19e siècle, cette idée était ancrée dans l’imaginaire collectif, tant en Europe qu’aux États-Unis. Les écrits scientifiques de cette époque mesuraient et documentaient de façon obsessive la corpulence des personnes provenant de sociétés considérées « primitives » et, de façon plus générale, des femmes. En effet, ils considéraient que les femmes, peu importe leur ethnie, étaient plus à risque d’être grosses, confirmant donc leur supposée infériorité évolutionnaire. Bref, cette croyance en une hiérarchie des groupes ethniques a contribué à la démonisation des corps gros dès le début des années 1800.

Aujourd’hui, la culture des diètes promeut l’idée que la raison pour laquelle les corps gros sont stigmatisés est reliée au fait qu’un poids plus élevé « causerait » des problèmes de santé. En réalité, les corps gros ont été identifiés comme « non-civilisés » et, par le fait même, non désirable longtemps avant que la communauté médicale commence à les étiqueter comme plus à risque de problèmes de santé au début du 20e siècle. Les croyances grossophobes ont précédé les arguments de santé. En fait, la stigmatisation des corps gros est directement ancrée dans des standards, des croyances et des théories foncièrement racistes.

Alexandra Dubuc, Dt.P, M.Sc.

Source: Harrison, C. (2019). Anti-Det: Why Obsessing Over What You Eat Is Bad For Your Health. New York: Little, Brown Spark.

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« On a volé la vie de nos sœurs » : Traumatismes historiques, colonialisme et génocide autochtone au Canada

Aujourd’hui, on souligne la Journée de la sensibilisation pour les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées. Les femmes autochtones sont trois fois plus à risque de violence que les femmes non autochtones et sont surreprésentées parmi les femmes disparues et assassinées. Lorsque l’on évoque les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (FFADA) au Canada, on fait référence à une crise des droits de la personne qui n’est que récemment devenue un sujet majeur pour les médias nationaux. Les femmes et les communautés autochtones sonnent l’alarme depuis très longtemps en raison du taux de violence particulièrement élevé dont sont victimes les femmes autochtones.

Pendant longtemps, le phénomène des FFADA est demeuré une crise « cachée ». Les femmes, les filles et les personnes autochtones de diverses identités de genre disparaissent et sont assassinées dans l’indifférence quasi-totale et les enquêtes policières à cet effet sont bâclées. C’est seulement en décembre 2015 que la Commission de vérité et de réconciliation du Canada se prononce en faveur d’une enquête nationale sur le nombre disproportionné de victimes parmi les femmes et les filles autochtones. Le rapport final de l’Enquête est publié le 3 juin 2019.

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Un génocide. Voilà la conclusion de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées. Des milliers de femmes et de jeunes filles autochtones ont été victimes d’un génocide canadien. Le rapport indique que depuis l’époque coloniale jusqu’à aujourd’hui, le Canada tente de détruire les peuples autochtones. Les politiques ont beau évoluer et les outils de coercition ont beau changer, il n’en demeure pas moins que le pays a été fondé sur des politiques coloniales génocidaires qui sous-tendent directement les relations qu’entretient le Canada avec les peuples autochtones à ce jour. Les politiques canadiennes modernes perpétuent cet héritage colonial et sont à l’origine des patterns de violence et de marginalisation des personnes autochtones, particulièrement chez les femmes, les filles et les personnes appartenant à la communauté 2SLGBTQIA+.

Toi, es-tu au courant des violentes pratiques adoptées par le Canada (appelé l’Île de la tortue par les Autochtones) pour avancer son agenda colonial? Parmi ces politiques et ces pratiques génocidaires ayant causé des impacts intergénérationnels chez les personnes autochtones, on retrouve notamment les pensionnats autochtones (residential schools). Les pensionnats autochtones sont des écoles religieuses financées par l’État ayant pour but d’assimiler les enfants autochtones à la culture euro-canadienne. Selon John A. Macdonald, le 1er Premier ministre du Canada, l’objectif des pensionnats est d’éloigner les jeunes Autochtones de l’influence de leurs parents pour qu’ils adoptent les pratiques des colons blancs. Ces institutions font partie des politiques d’assimilation des Autochtones mises en œuvre par le gouvernement canadien à partir des années 1880.

Conçus à l’origine par les Églises chrétiennes et le gouvernement canadien, les pensionnats autochtones ont lourdement perturbé des vies et des communautés autochtones. Dans ces pensionnats, la culture autochtone était dénigrée, les jeunes étaient retirés de leur foyer et séparés de leurs parents, frères et sœurs. On leur interdisait strictement de parler leur langue maternelle, même dans les lettres qu’ils écrivaient à leurs proches. Les tentatives d’assimilation commençaient dès leur arrivée au pensionnat : on leur coupait les cheveux, on les dépouillait de leurs vêtements traditionnels et, souvent, on leur donnait un nouveau nom. Les missionnaires consacraient leur temps et leur attention aux pratiques religieuses chrétiennes, dénigrant à la fois les traditions spirituelles autochtones.

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Cette toile, peinte par Kent Monkman et intitulée The Scream,
représente les agents de la GRC, les prêtres et les religieuses qui
se présentent sur les réserves autochtones pour kidnapper les
enfants autochtones et les amener aux pensionnats autochtones.

Dans les pensionnats, les punitions excessives et violentes étaient fréquentes. Souvent, les pensionnaires étaient enchaînés, séquestrés et grièvement battus. Plusieurs membres du personnel commettaient des agressions sexuelles sur les enfants. À cet effet, lorsque des allégations d’abus sexuels étaient formulées par des élèves, l’Église et le gouvernement ne faisaient rien.

Dans les pensionnats autochtones, les enfants mangeaient peu et souffraient de malnutrition sévère, les rendant donc très vulnérables aux maladies. On estime qu’environ 6000 jeunes autochtones sont décédés dans les pensionnats. Pourtant, bien que des experts médicaux émettaient continuellement des recommandations pour améliorer la santé et les traitements médicaux à l’époque, ces mesures n’étaient pas mises en œuvre parce que le gouvernement voulait éviter une hausse des coûts et parce que l’Église s’y opposait.

Il est important de noter que le dernier pensionnat autochtone a fermé ses portes en 1996… soit il y a moins de 25 ans. Au total, on estime qu’environ 150 000 enfants des Premières Nations, Inuits et Métis auraient fréquenté les pensionnats. Les pensionnats autochtones étaient un outil central d’un génocide culturel et physique à l’égard des Autochtones au Canada. Ils ont laissé chez les pensionnaires des cicatrices et des traumatismes importants. Les effets de ces institutions continuent à se faire sentir chez les enfants et les petits-enfants des anciens élèves.

Des études se sont penchées sur les effets des pensionnats et de leurs impacts intergénérationnels. Les résultats indiquent que la fréquentation des pensionnats est associée à plusieurs difficultés, notamment à la consommation d’alcool ou de drogues, à la dépendance au jeu et à la détresse psychologique. Il est donc crucial de tenir compte des conséquences des traumatismes historiques et intergénérationnels liés aux pensionnats dans notre compréhension actuelle des peuples autochtones au Canada.

Si vous croyez que la situation est réglée aujourd’hui, détrompez-vous. Les dommages que les pensionnats ont infligés aux familles autochtones, à leur langue, à leur éducation, à leurs communautés et à leur santé sont perpétués en raison des politiques gouvernementales coloniales actuelles. En effet, à cause du régime colonial canadien, le racisme systémique à l’égard des Autochtones est toujours omniprésent au Canada. En effet, les hommes et les femmes autochtones vivent de la violence policière à des taux inquiétants, sont surreprésentés dans le système de justice pénale et sont victimes de violences de façon disproportionnée au sein de la communauté. De surcroît, le gouvernement continue de s’attaquer aux territoires autochtones et de prioriser le profit aux dépens de la préservation des territoires traditionnels (je parlerai de l’exemple des Wet’suwet’en dans un prochain article). Enfin, partout au pays, les Autochtones sont touchés par des problèmes sociaux importants et des conditions de vie lacunaires (accès déficient à l’eau potable, surpeuplement des logements, disparitions et assassinats, vagues de suicides, accès limité à l’éducation, etc.).

En 2008, la Commission de vérité et réconciliation a été établie dans le cadre de la Convention de règlement relative aux pensionnats indiens dans le but de contribuer à la vérité, à la guérison et à la réconciliation. Le rapport final, publié en 2015, souligne qu’un enfant autochtone qui est né au Québec en 2016 vit souvent dans un logement déjà surpeuplé et inadéquat, où l’accès à des aliments de qualité est difficile. Donc, il ou elle naît déjà dans un contexte qui lui est défavorable, avec des parents qui souvent ont un faible niveau de scolarité (en raison du manque d’accès à l’éducation) et qui ont donc de la difficulté à intégrer le marché du travail (le taux d’emploi des Autochtones du Canada est moins élevé que celui de la population non autochtone). Toutes ces problématiques sociales sont sous-jacentes aux taux de suicide inquiétants chez les Autochtones. En effet, le taux de suicide des jeunes des Premières Nations est de 5 à 6 fois plus élevé que la moyenne nationale et celui des jeunes inuits est environ 10 fois supérieur à la moyenne nationale.

Bref, je publierai éventuellement d’autres articles qui abordent plus spécifiquement la violence coloniale, le rôle de la gendarmerie royale du Canada (GRC) dans le génocide des Autochtones et les pratiques violentes adoptées par le gouvernement canadien afin de prioriser les intérêts d’une pétrolière au détriment de la préservation des territoires autochtones traditionnels. D’ici là, je vous encourage vivement à aller lire les appels à l’action et les recommandations émises par la Commission de vérité et réconciliation ainsi que les appels à l’action proposés par l’Enquête nationale sur les femmes et les filles disparues et assassinées. Je vous encourage aussi à vous poser la question à savoir si le gouvernement canadien actuel fait vraiment sa part pour atteindre la « réconciliation » avec les peuples autochtones (petit indice : on construit des pipelines qui détruisent leurs communautés et les forcent à se déplacer…). En outre, je vous encourage à lire davantage sur l’histoire du colonialisme canadien et sur l’histoire des traités non respectés par les colons en lien avec les territoires autochtones. En espérant que les personnes non autochtones y penseront deux fois avant de se plaindre que les « Autochtones ne payent même pas de taxes sur leurs réserves » ou avant de se mettre des plumes sur la tête en tant que déguisement d’halloween.

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Photo du Red Dress Project au Musée canadien pour les droits de la personne à Winnipeg. Le Red Dress Project a été conçu par l’artiste métisse multidisciplinaire Jaime Black dans l’espoir de stimuler un dialogue sur le phénomène des femmes et des filles autochtones disparues et assassinées.

Féminicides: Pas une de plus

118. C’est le nombre de femmes qui ont été assassinées au Canada l’année dernière. Pour mettre ce chiffre-là en perspective : à tous les trois jours, une femme ou une fille est assassinée au Canada. À tous les trois jours, des femmes et des filles sont tuées dans notre pays, pour la simple raison qu’elles sont des femmes*.

Dans presque chacun de ces cas, la violence conjugale est à l’origine du meurtre. Mais savez-vous ce qui est à l’origine de la violence conjugale? Un système patriarcal dans lequel existent et prospèrent des normes de genre rigides et des inégalités de genre. Un système oppressif créé PAR les hommes POUR les hommes dans lequel s’étendent la masculinité toxique, la culture du viol, l’absence de responsabilisation et les rapports de pouvoir inégaux et injustes.

Ce n’est pas tout. Au sein de ce système oppressif, les victimes de violence sont pointées du doigt, sont remises en question, sont stigmatisées et ne sont pas prises au sérieux. Réfléchissez à la façon dont les féminicides sont rapportés dans les médias populaires. « Crime passionnel », « drame familial ». Ces termes sont utilisés à outrance et ont pour effet de minimiser les féminicides et les violences conjugales. Ce n’est pas un crime passionnel, ce n’est pas une dispute – c’est un assassinat. Dans cette idée de « crime passionnel », il y a une complaisance envers les violences. Comme s’il suffisait de dire « je l’aimais à la folie » pour que cela rende excusable le meurtre.

J’ai envie qu’on encourage les médias, les politiciens et les individus en position de pouvoir à nommer les choses telles qu’elles sont. Des féminicides. Des violences fondées sur le genre. J’ai aussi envie qu’on réfléchisse aux structures sociales qui sous-tendent ces tragédies et aux conditions systémiques qui rendent certaines femmes plus à risque d’être victimes de violence, parce qu’elles sont à l’intersection de plusieurs systèmes d’oppression.

Les femmes handicapées sont deux fois plus à risque d’être victimes de violence que les femmes non handicapées. Les taux de violence conjugale chez les femmes vivant dans les territoires et les régions éloignées sont de 9 à 13 fois plus élevés que les taux rapportés dans les provinces. Les femmes trans et les travailleuses du sexe au Canada sont tuées à un rythme inquiétant. Surtout, on ne peut pas parler de violence contre les femmes et de féminicide sans parler des femmes et des filles autochtones disparues et assassinées. Encore aujourd’hui, au Canada, des milliers de femmes autochtones sont tuées dans l’indifférence quasi générale.

Il y a une dangereuse normalisation de la violence contre les femmes – particulièrement contre les femmes marginalisées – au sein de notre société. Trop souvent, c’est lorsqu’un féminicide survient que les décideurs politiques se mobilisent pour réagir à la situation, que le public se prononce sur la nécessité d’une peine d’incarcération sévère et que les médias tentent de brosser un portrait détaillé de la situation. Malheureusement, réagir après les faits ne protège pas les femmes. Envoyer l’agresseur en prison pour toujours ne ramène pas la victime à la vie. Les solutions mises en place actuellement comportent une lacune importante : on réagit toujours quand il est trop tard.

Pourtant, les solutions pour PRÉVENIR la violence contre les femmes sont documentées et connues. Un consensus existe quant aux causes profondes de la violence fondée sur le genre : les normes sociales figurent au premier rang. L’exclusion sociale, la pauvreté, les problèmes de consommation d’alcool ou de drogues, les expériences négatives vécues durant l’enfance, le manque de logements sûrs et l’absence de sécurité d’emploi sont également des facteurs pouvant contribuer à la violence.

Le gouvernement peut mettre en place des programmes ou des initiatives pour s’attaquer aux causes profondes de la violence de façon proactive, de façon à éviter que des féminicides soient commis. Changer les normes sociales discriminatoires et la misogynie qui alimentent les féminicides, ça passe par l’éducation des hommes. S’attaquer aux causes profondes de la violence, ça passe par des investissements sérieux dans les secteurs de l’éducation, des services aux familles, du logement, de la santé mentale et de l’emploi.

Nous devons exiger de nos décideurs politiques qu’ils priorisent la prévention. Chaque meurtre commis coûte jusqu’à 17 millions de dollars en frais de justice et de compensations victimaires. Si cet argent était investi intelligemment pour mettre en place des programmes éprouvés comme le Fourth R, qui enseigne les bases d’une relation positive, saine et égalitaire, ou comme le SASA, qui encourage des communautés à repenser et à résister aux normes sociales négatives, des vies seraient épargnées – des meurtres seraient évités.

Ensemble, combattons le patriarcat. Exigeons des solutions concrètes de la part des décideurs. Cessons de banaliser la misogynie et d’invisibiliser les violences envers TOUTES celles qui s’identifient comme femmes. Dénonçons les normes sociales discriminatoires et haineuses. Continuons de lutter, de se rassembler et d’unir nos voix pour dire une bonne fois pour toutes : FÉMINICIDE : PAS UNE DE PLUS.

Écrit par Audrey Monette 

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